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Wolfenstein: The New Order

Wolfenstein: The New Order
Recommandé
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11.9 heures

J'avais joué (et fini) tous les Wolfenstein. Il faut dire que le 1er, Wolfenstein 3D, est une institution. C'est à ma connaissance le premier FPS, donc ces jeux qu'on a longtemps appelé "doom likes" auraient du être des "wolf likes". De toute façon ce sont plus ou moins les mêmes auteurs donc ils n'en ont probablement pas été trop vexés. Bref, je m'égare. Dans Wolf 3D, et sa suite, Spear of Destiny, le héros, William Joseph Blazkowicz, est un membre surentrainé d'une brigade spéciale de l'armée américaine spécialisée dans la lutte contre la division SS "paranormale". Sa tâche était donc de dézinguer sans ménagement tout ce qui bouge et porte une croix gammée, qu'il s'agisse de chien d'attaques ou de robots tueurs en passant par des femmes officiers aux tenues latex. Gameplay sans grande finesse. La suite, Return to Castle Wolfenstein et ses extensions, n'étaient pas beaucoup plus subtils (mais ils furent de bonnes plateformes multijoueur, surtout ennemy territory).

Je m'attendais donc, pour New Order, à replonger dans un jeu où la seule subtilité est de ce souvenir de l'emplacement de la porte fermée, une fois sa clé trouvée à l'autre bout de la map. Je m'attendais à foncer tout droit dans des couloirs sans jamais relacher le bouton de tir. Je m'attendais à décrocher très vite, car je n'ai plus grand intérêt pour les FPS tout bourrins. Et bien, je n'ai pas décroché.

Il semble que ce Wolfenstein soit très différents des précédents. On incarne toujours Blazkowicz, mais, premièr choc, il est embringué dans ce qui ressemble à un vrai scénario, qui tient sur plus de deux lignes. En effet, l'histoire débute dans une légère uchronie : la guerre n'est pas finie en 46. William participe à une mission de grande envergure consistant à éliminer "le Boucher", un très important chef de guerre Nazi, apparement très porté sur le développement technologique de son armée. Malheureusement, l'escadrille de bombardier est très virilement accueillie, et, à l'issue de combats à armes pas du tout égales, l'avion de Willy est dézingué comme les autres. Ce passage fait office de gentil tutorial qui met tout de suite dans le bain. Après quoi, le joueur devra s'infiltrer tout en filant des coups de mains à ce qui reste de son escouade pour atteindre le Boucher, qui aura le dessus. Blazko va ramasser un bon schrapnel dans la tête, être transformé en légume, et sera "accueilli" dans un asile du Reich... dans lequel il va végeter 14 ans durant.

On arrive donc en 1960. Certains évenements font que William sort de sa torpeur (pour sauver une demoiselle, quel beau gosse), et découvre un univers bien plus uchronique que celui qu'il avait laissé en 46 : la guerre est finie, oui, mais les USA ont capitulés après avoir subit le largage de bombes nucléaires, les Nazis ont donc remporté une victoire écrasante et dominent le monde. Leur technologie a aussi fait un incroyable bon en avant. Le reigne de la terreur est total, comme on pouvait s'y attendre. Blazkowitz est tout paumé, mais clairement motivé pour inverser la tendance.

Je n'en dirais pas plus, j'ai déjà bien spoilé le prologue.

Techniquement, il n'y a pas grand chose à dire. C'est propre pour un jeu de 2014, sans être fabuleux. Certains niveaux sont chouettes, d'autres moins... mais globalement la balade est assez agréable. Les contrôles sont classiques et répondent bien, en dehors des mouvements pour pencher la tête ou se mettre à plat ventre qui sont assez insortables dans le feu de l'action. Ils ne sont de toute façon pas très utiles, puisqu'il y'a une gestion des couverts : on se met derrière un muret ou un angle de couloir, on utilise l'iron sight, et on se penche/leve automatiquement. Les armes sont pour la plupart très classiques, couteaux, flingue de base, fusil d'assaut, pompe, sniper, bien qu'on puisse au bout d'un moment les "moduler" un peu (silencieux pour le pistolet, lance grenade pour le fusil d'assaut, schrapnel pour le pompe). On peut aussi passer en mode "2 armes", ce qui empêche d'utiliser l'iron sight, mais double le débit de plomb. Rigolo, et même salvateur dans certaines situations. La seule originalité vient du LaserKraftWerk (LKW), une espèce de chalumeau éléctrique rechargeable, qui, au fil de ses modifications, va se transformer en arme redoutable. Sa fonction chalumeau étant par ailleurs essentiel, pour débloquer certains passages fermés par des chaines, ou découper certaines plaques d'acier ou grillages, afin de choper le contenus de caisses ou de se créer des nouveaux passages.

Ce qui mène à l'autre grosse différence de ce Wolfenstein : on a très frequemment l'opportunité de progresser en mode infiltration. Il est possible d'éliminer silencieusement au couteau ou au pistolet équipé d'un silencieux, et si on fait taire silencieusement les officiers en premier, on évite les renforts en cas d'alerte. Certains passages peuvent même se faire sans tirer un coup de feu, voir sans tuer personne (et pour ceux que l'infiltration énèrve, pas de chance, parfois c'est obligatoire). On a par ailleurs la possibilité de débloquer des compétences qui améliorent les performances du héros en accomplissants certains objectifs (genre X tirs à la tête, X tirs depuis un couvert avec un type d'arme donné, X victimes en glissades, etc..). Ces compétences permettent de légèrement spécialiser le personnage, et de lui donner une teinte soit un peu plus subtile, soit un peu plus bourrin.

On est donc sur un jeu un peu plus subtil qu'à l'accoutumée. Et en ce qui me concerne, je dis tant mieux. On s'infiltre, on progresse silencieusement, on fait une ♥♥♥♥♥♥♥♥, on se fait griller, et là c'est le déluge de balles, dans les deux sens. Franchement, cet équilibre entre bourrin et finesse est assez agréable. On reprochera par contre une IA inconstante qui, si elle adopte un comportement relativement cohérent durant les combats, se laisse égorger comme des idiots un peu trop facilement, et passe à côté du cadavre de leurs potes sans se poser de question. Ca fait un peu tâche.

Je ne vois d'ailleurs pas meilleur mot pour décrire ce jeu : agréable. Il n'y a rien de mauvais, en dehors de la tête d'ahuri de Blazko, mais rien de vraiment inoubliable non plus.