Sherlock Holmes: Crimes and Punishments
Que dire sur ce nouveau Sherlock Holmes...
Disons qu'il est loin de l'excellence, mais en étant toutefois jamais mauvais ni même médiocre. C'est assez compliqué à décrire. Essayons de détailler.
Plions d'abord la partie la moins critique pour ce genre de jeu : la technique. Tout à fait correcte, le jeu est très regardable, les visages sont très soignés, les musiques passent très bien, les sons aussi, les doublages (en VO) sont parfaits. Il y'a bien quelques textures un peu moches, quelques animations bancales ou quelques effets pas très heureux, mais honnêtement, c'est sans importance : l'ambiance est très bien rendue et c'est tout ce qui compte.
Les points sensibles, pour ce genre de jeu et en particulier quand on joue Sherlock Holmes, c'est la qualité du scenario et des énigmes. Le jeu se décompose en 6 affaires, toutes bien distinctes, avec leur ambiance, leurs protagonistes, et surtout, leurs différentes conclusions. Le déroulé de chaque enquête est relativement linéaire, et surtout très assisté. Le journal tient rigoureusement à jour la liste de tâche si bien qu'on sait toujours éxactement quoi faire si on est pas trop demeuré, les objets sont faciles à trouver, et dans la plupart des cas le jeu indique clairement si on a fait le tour d'un point d'intérêt ou pas. Par exemple, si on a bien regardé tous les objets interessants planqué dans bureau, on en sort automatiquement et son icone devient verte. Ou encore, lorsqu'on observe quelqu'un en détail lors d'un dialogue pour obtenir quelques indices à la volée, une liste floutée nous permet de savoir où on en est dans le repérage.
Autrement dit : impossible de rater quoique ce soit dans ce jeu à moins de le vouloir.
Cela a son avantage... on est jamais bloqué, le jeu n'est donc jamais frustrant, et il propose suffisament de contenu pour se permettre de laisser le joueur avancer en ligne droite. Mais quand même, en général, on joue à un point'n'click parce qu'on aime bien se prendre la tête... là, on ne risque pas trop la crampe au cerveau.
Mais le plus décevant, c'est que cette assistance induisant aisance gache quelque peut l'intérêt de la partie la plus plaisante du jeu : le système de déduction.
En effet, plus qu'un point'n'click ou on collecte des objets à combiner, il s'agit de collecter des indices à connecter et à articuler en théories. Cela se fait très intuitivement. La bonne idée, c'est que certaines connexions restent soumises à interprétation. On a souvent 2 façons de définir une articulation entre des faits, ce qui donne à l'arrivée beaucoup de combinaisons, dont plusieurs sont considérées comme étant des interprétations valides du déroulé d'une affaire. Valide ne signifiant pas nécéssairement exacte.
C'est donc au joueur de pousser la conclusion qu'il préfère parmis celle qu'il a été à même de formuler. Et Sherlock pourra du coup faire valoir son appréciation personnelle de la justice, en décidant ou non de livrer le suspect incriminé aux autorités. Là encore, c'est au joueur de décider, en fonction de sa sensibilité à la conclusion et de sa moralité.
Ce système est vraiment chouette, et justifie à lui tout seul l'achat du jeu. Mais quel dommage, tout de même, qu'à cause de la facilité de la récolte des faits, on soit toujours assez certain de quand on a la conclusion "exacte". Il est du coup difficile d'accuser quelqu'un à tort, et il n'y a du coup aucune pression, alors qu'on aurait pu avoir quelque chose d'assez similaire aux grands moments de doutes de LA Noire...
C'est le grand paradoxe de ce jeu. Proposer un super système permettant de faire des conclusions erronées tout en faisant tout pour empécher que cela se produise. Parti pris assez difficilement compréhensible.
L'autre gros point noir du jeu, c'est sur le scenario. Les 6 enquêtes sont toutes très soignées, cohérentes, plaisantes à découvrir et à terminer. Mais... il n'y a aucun fil conducteur, que ce soit entre les affaires ou durant les entre-actes. On pourrait tout aussi bien joueur à 6 jeux séparés. L'ajout d'un petit twist final liant subtilement chacune des affaires aurait vraiment amené un gros plus. L'univers de Sherlock Holmes est riche en personnage calculateur capable de mettre en oeuvre des trames complexes juste pour "s'amuser" avec lui. Là, non, rien. C'est un peu le train train quotidien du Sherlock.
Toutefois ces quelques manques ou bizarreries ne m'empecheront pas re recommander ce jeu, j'ai eu plaisir à y jouer et ne regrette aucune minute passé dessus. N'hésitez donc pas si vous pouvez l'avoir à pas trop cher mais n'en attendez pas un chef d'oeuvre non plus.