Grand Theft Auto V Version originale
Bon, je sais, c'est très tardif pour une évaluation de GTA V, mais les jeux à 60€, non merci, donc j'ai dû attendre les soldes pour celui là (bah oui, avec tout ce qu'on teste, c'est un budget).
Je ne vais pas y aller par 4 chemins, c'est un excellent GTA. Et ce principalement pour deux raisons. Mais commencons déjà par les banalités.
C'est du GTA, donc, comme d'habitude, environnement ouvert en milieu urbain, des tas de voitures qu'on peut piquer, des missions obligeant parfois à conduire comme un taré, parfois à mitrailler à tout va, et parfois les deux en même temps, des malfrats tous plus débiles les uns que les autres et de tout bord, un scénario classique (montée en puissance, puis perte de contrôle, puis rattrapage à l'arrache complète), et des occupations "passe temps" à droite et à gauche.
Si vous avez joué à GTA 3 ou 4, rien de bien neuf de ce côté là. C'est plus joli, plus précis dans les contrôles, mais ça reste du classique.
Mais voilà, il y'a ces deux raisons qui placent celui-ci très au dessus des deux précédents (enfin au moins du 4, certains continueront peut être de préférer le côté louphoque du 3).
Tout d'abord : Los Santos (on reconnaitra Los Angeles evidemment). Cette ville est démente, grâce à la pluralité de ses décors. Chaque quartier a ses spécificités. On a Vinewood, le quartier huppé avec ses villas monstrueuses (oui c'est Hollywood quoi), le centre d'affaire, les faubourgs qui n'ont rien à envier au bronx, et surtout, de l'autre côté de la montagne, une zone aride avec ses bleds de rednecks. C'est un vrai plaisir de rouler là dedans, car les décors défilent, les types de routes aussi, les sensations de conduites avec. Le truc sympa, c'est que du coup, cela légitime une certaine variété de voitures qu'on aurait laissé de côté autrement. Je ne sais pas vous, mais moi, dans GTA4, je piquais les voitures de sport les plus rapides systématiquement. Dans ce Los Santos, des voitures moins rapides mais qui tiennent bien la route sont souvent plus utiles. Et puis ... c'est magnifique. Même à survoler, puisqu'on sera régulièrement amené à faire le zouave en avion ou en hélicos.
L'autre énorme différence, ce sont les personnages. On avait déjà gouté dans le 4 à l'enchainement de 3 points de vue sur la même histoire (enfin du moins 3 histoires différentes qui s'entremelent), via les 2 addons. Interessant, rigolo, mais limité. Là, on a les 3 points de vue vraiment en parallèle. On passe de l'un à l'autre comme on veut, quand on veut. Et même parfois quelques choix. Bon, ça reste linéaire sommes toute, mais c'est assez bien fait pour casser la monotonie. Ca fonctionne très bien... mais surtout parce que ces 3 personnages sont fabuleux.
Michael Da Santa, avec sa tête de De Niro bien en chair, est un quadra père de famille qui semble à la retraite. Sa famille n'est pas au top, comme toute bonne famille américaine, engueulade sur engueulade avec madame qui "s'amuse" avec le prof de tennis ou le prof de yoga, le fils geek qui se défonce à la dope, la fille qui cherche à tout prix à devenir célèbre en via les téléréalités et qui atterrit dans le porno, tout va très bien. En plus, Mike se trouve être un ancien braqueur de banque, très doué, mais très, très brutal. On est dans le rital viril façon mafieux, et il aime bien réglèr ses problèmes de la manière forte. Sa retraite va elle aussi partir en sucette quand Franklin Clinton, petite frappe de son état, mais petite frappe ambitieuse, va se pointer chez lui pour cambrioler sa barraque. Franklin en a marre des méthodes peu subtiles de ses potes de la banlieu, il est nettement plus malin que la moyenne, et il sait qu'il peut faire mieux que des petites arnaques qui ne rapportent pas grand chose d'autres que des déluges de balles. Il voit vite en Mike un mentor, et Mike en Franklin le fils qu'il aurait voulu avoir. Leurs pérégrinations vont les amener à croiser la route de Trevor Philips, un ancien partenaire de braquage de Mike. Bien qu'extremement compétent, car probablement un ex militaire (et probablement pilote), il est totalement désaxé. Toxicomane, obsédé, crado, et surtout clairement psychopathe, Trevor peut péter des cables à tout instant. Et généralement de façon très drôle (quand on est pas réellement en face de lui). Trevor et Mike ont visiblement quelques comptes à régler mais vont être obligé de s'associer à nouveau, tout en embarquant Franklin qui, malgré son manque d'experience, est clairement le plus stable psychologiquement, et le plus diplomate. On oscile donc entre 3 personnalités différentes, et si celle de Mike est assez proche de Niko Bellic dans GTA 4, ou Franklin assez plat, Trevor est absolument magique. Chaque mission, chaque scene ou intervient Trevor, même de façon ponctuelle, en devient mythique. Ses lignes de dialogues sont fabuleuses, magnifiquement interprétées par son doubleur. Finalement, les deux autres personnages font presque office de "break santé mentale" pour ne pas devenir taré à force de joueur Trevor. Je crois que je ne me remettrais jamais du "massacre de Hipster", totalement débile, ni de l'attaque de l'avion de mercenaire, qu'on aurait pu croire tout droit tiré de Saint's Row.
Vous l'aurez compris, c'est surtout la relation Mike/Trevor l'intérêt du jeu et celle ci est mise en scene avec brio.
Bon, il n'y a pas que ça de bien : les séquences de montées de braquage sont sympa, on la choix de l'approche et de la constitution de l'équipe, ce qui impacte le déroulé du braquage et son rendement final. Les custos d'armes et de vehicules sont chouettes aussi, même si pas fondamentalement nécessaires. Le scenario est globalement excellent, malgré son classissisme et les différentes étapes s'intègrent très bien dans le monde ouvert, le déroulé est assez fluide. Enfin, la technique est irréprochable. Rien à dire là dessus (on est loin de l'état dans lequel était le 4).
Aussi, il difficile de trouver un point négatif à ce jeu. Je n'en vois qu'un seul : les "occupations" en dehors des missions sont assez peu nombreuses et surtout rarement interessantes. On les pratique toutes une fois, mais on y revient pas forcément (du moins pas en le faisant exprès).
Tout le reste est vraiment très réussi, aussi je recommande chaudement cet épisode, qui devient de loin mon préféré.