Life is Strange - Episode 1
Très bonne surprise que ce Life Is Strange.
A première vue, ça ressemble à un "telltale like" : contrôles similaires, peu de lieux visitables en simultané, l'interaction qui se limite à trouver le "declencheur" pour avancer à l'arc scenaristique suivant, les dialogues nombreux et parfois impactants. Pourtant, il se démarque bien vite. Tout d'abord avec une thématique abordée de façon originale.
Le jeu nous met dans la peau d'une d'ado de 18 ans qui vient d'entrer dans une université pour faire des études de photo avec un grand dignitaire. Elle revient donc dans sa "ville" d'enfance après avoir passé 5 ans à Seattle : une petite bourgade portuaire typique de l'amérique profonde, avec tous ses clichés, du diner classique à la confrérie étudiante élitiste. Max est petite, timide, n'a pas franchement de style et n'est par conséquent pas spécialement populaire. Elle évolue donc dans un territoire assez hostile ou la moindre faiblesse est exploitée par les autres jeunes. En effet, harcelement et bizutages sont monnaie courante. Le jeu commence donc un peu à la façon d'une de ces nombreuses serie ricaines sur les high schools, avec un point de vue mignonnet de "fille timide". Sauf que cette fille timide se découvre le don d'influer sur le temps : elle a des visions apocalyptiques, et est soudain capable de "rembobiner" les actions passées. Ce petit trick permet pas mal de choses : tester les différents choix de dialogues et rester sur la conclusion qui nous convient le mieux, ou encore obtenir une information par un procédé illégal pour finalement "annuler" l'action malsaine tout en gardant l'information, etc..
Ce simple aspect permet d'une part d'amener une dimension au gameplay relativement inédite, et d'autre part d'enrichir serieusement le scenario du jeu : quel est l'impact de ce pouvoir sur l'environnement ? Comment peut-il s'expliquer ? Quelles en sont les limites ?
Et surtout, doucement mais surement, des éléments se mettent en place, on percoit un drame derrière les "petits incidents" de la vie estudiantine. On s'y interesse, on cherche à en savoir plus, puis un autre se produit, se connecte au 1er, et on s'appercoit qu'on est tombé dans un thriller à la Broadchurch (qui est probablement une source d'inspiration) sans trop voir le coup venir. Je n'en dirais pas plus, ça gacherait le plaisir, mais sachez juste que c'est très bien fait.
En fait, on se croirait dans mélange entre Broadchurch (ou The Killing) et Edge of Tomorrow. Et ça fonctionne très très bien. Le jeu touche, suscite des émotions, et intrigue ce qui est assez rare pour être souligné. J'ai rarement autant attendu la suite d'un jeu de ce type.
En plus, la technique n'est pas trop en reste. Il ne s'agit pas de la partie la plus importante pour un jeu du genre, mais les graphismes sont très corrects (bien au dessus des productions telltale), et les doublages impeccables. La musique colle très souvent à l'ambiance, souvent mélancolique. Aussi, détail non négligeable, la traduction française (sous titres uniquement) est d'une qualité rare. Les dialogues des jeunes sont crédibles, autant à l'oral en anglais qu'à l'écrit en français.
En conclusion : à moins que vous ne soyez dérangé à l'idée de jouer à ce qui ressemble à un "mignon jeu pour adolescente" durant la première heure de jeu, foncez, c'est vraiment une très bonne production.
Bravo Dontnod.