Tales from the Borderlands
Encore un Telltale surprenant.
J'étais très dubitatif quand au "portage" de l'univers de Borderlands dans un de ce type. Je m'etais dit que c'était un choix de facilité car "graphiquement", l'univers s'y prete bien, mais c'était tout.
Et j'ai été bien étonné de constater qu'au contraire, ça fonctionne très, très bien. J'imagine que Take2 a vraiment apporté la contribution nécessaire pour que la sauce prenne, mais le résultat est là : c'est cohérent, dynamique, bien écrit, et drôle, voir même parfois carrement déjanté. Les personnages sont tous remarquables, même les seconds couteaux, les dialogues tombent toujours juste, en particulier les vannes. Au passage, bravo aux doubleurs, plus convainquants que jamais.
Techniquement, on ne va pas se mentir, c'est comme d'habitude. Telltale ne se foule jamais vraiment, mais ça n'est pas là qu'on les attend. De même pour le gameplay, on est toujours dans la ligne directrice des Walking Dead : on collecte parfois des objets exposés de façon évidente, leur utilisation est quasi toujours imposée. Les actions font juste office de "bouton play pour jouer une nouvelle séquence du film". Comme d'habitude, les QTE sont là pour conserver l'attention et renforcer un peu l'immersion, et, comme d'habitude, le fond du gameplay se joue en fait dans les dialogues et les choix d'arcs scénaristiques.
Rien ne bien original de ce côté là donc, sauf que là, j'ai eu l'impression de choix plus impactants que la moyenne. Je ne veux rien dévoiler du scénario pour le pas gacher, mais sachez juste certains choix effectués, et ce dès le 1er épisode, on des répercutions régulières sur tous les épisodes qui suivent (et pas juste une petite mention) jusque dans la séquence de fin. D'ailleurs, j'ai même l'impression qu'il est possible de "râter" la dite sequence en fonction de ces choix, bien que je n'ai pas pu le vérifier (si quelqu'un l'a fait, ça m'interesse).
Aller juste une petite intro, pour ceux qui ne connaitraient pas du tout Borderlands. Pandora est une planete inhospitalière, que ses longues saisons rendent plus ou moins désertique et dont la faune est majoritairement aggressive, qui a été colonisée par une mega corporation nommée Atlas pour y faire des fouilles archéologiques à la recherche de technologies aliens. Les richesses d'une nouvelle planète et la rumeur de l'existence des "vaults", attirerent des tas de chasseurs de trésors ainsi que d'autres corporations (comme DAHL et Hyperion), mais le chaos reignant sur la planète et surtout les évenements liés aux jeux Borderlands, qui a conduit à l'ouverture d'un vault, ont poussé ces corporations à déserter Pandora. Seule Hyperion, malgré la mort de son CEO, le psychopathe Handsome Jack, continue d'influer depuis la station Helios, en orbite géostationnaire autour de la lune de Pandora.
Rhys est un cadre ambitieux du middle management d'Hyperion visant une promotion qui l'amenera à marcher dans les pas d'Handsome Jack, qu'il considère comme un dieu vivant. Malheureusement, tout ne va pas se passer aussi bien qu'il l'aurait espéré : Rhys va devoir très rapidement quiter le confort d'Helios pour trainer ses bottes en peau de Skagg sur la surface de Pandora, et va, au fil des catastrophes dont il sera systématiquement l'origine, faire la rencontre de Fiona, habitante typique du coin, arnaqueuse de profession. Accompagnés de leurs sidekick respectifs (Vaughn, un comptable trouillard d'Hyperion, et Sasha, la soeur rasta et obsédée des flingues de Fiona), ils vont devoir s'associer malgré eux pour pouvoir atteindre leurs objectifs personnels.
Le jeu nous mets donc dans la peau, alternativement, de Rhys et Fiona, le plus souvent en train d'agir parallèlement, parfois de concert, ou même parfois ensembles. Cette démarche permet d'avoir plusieurs points de vues sur l'histoire, et d'utiliser des procédés narratifs interessants. Par exemple l'un des protagoniste raconte ce qu'il a vécu mais mythonne à fond, et l'autre ne le crois pas et l'oblige à "jouer" la vérité. En prime, on influe sur la personnalité de 2 personnages plutôt qu'un seul (Walking Dead et autres) ou de trop (Game of Throne).
En conclusion : comme d'habitude, on est loin du casse tête ou du jeu challengeant. On est encore une fois sur un film interactif, mais un très bon, respectueux de l'univers dont il s'inspire, et surtout très fun.