Les évaluations de LeVioc

Assassin's Creed® Syndicate

Assassin's Creed® Syndicate
Recommandé
Recommandé
40.9 heures

Sympatique ce 6ème opus. Malgré les mauvaises critiques, on est en face d'un Assassin's Creed très correct.

Déjà, il est important de préciser qu'on est très loin du fiasco en terme de finition du précédent (Unity). Le jeu est une nouvelle fois très, très goinfre en ressource (il faut une carte graphique avec 5Go de RAM pour pouvoir pousser un peu les détails), mais au moins, en baissant la qualité, on arrive à quelque chose de tout à fait jouable, alors que sur la même config, le précédent me faisait frôler la crise d'épilepsie. Aussi, les bugs se font très nettement plus rare, ainsi que plus discret. Pas de textures qui disparaissent, pas de bug de clipping et de chutes infinies, pas de crashs.

Bienvenues aussi les quelques nouveautés. Le duo de personnage, qu'on peut spécialiser et équiper différement (même si avec l'avancement l'écart entre les deux tend à diminuer) amène un peu de variété dans les approches. Ils sont d'ailleurs bien sympatiques, voir attachants, à des années lumière de l'espèce de légume sur patte qu'était Arno Victor Dorian ou le taciturne Connor Kenway et son ridicule patronyme indien, Ratohnhakéton. Les jumeaux Frye ont chacun leur caractère : Jacob, charmeur et tête bruléee, rappelle beaucoup Edward Kenway ou Ezio Auditore dans sa jeunesse. Evie incarne plutôt la sagesse, à la manière d'un Ezio plus agé. Cela fournit un interessant moteur à l'histoire, ou l'un des personnages cause des situations que l'autre pourra régler ulterieurement.

Deux autres nouveautés significatives : le gang, dirigé par les Fryes, qui peut évoluer au même titre que les jumeaux (moyennant finances et ressources) via un arbre de skill. Assez gadget dans le coeur du gameplay en dehors de quelques séquences particulières, il permet toutefois d'amener un certain dynamisme dans les rues. En effet, il n'est pas rare de voir les Rooks affronter d'eux même les membres du gang adverse, les Blighters, ou prêter main forte au joueur s'ils passent dans le coin lors d'une bagarre. Cela contribue pas mal à l'ambiance "Gangs of New York" qui se dégage de ce jeu. Enfin, il y'a le grapin. Celui-ci, une fois acquis, permet d'escalader très rapidement les hauts batiments, et de passer d'un building à l'autre façon tyrolienne. Ce moyen de locomotion accélère considérablement les déplacements, ce qui est loin d'être désagréable, en plus d'amener quelques nouveaux mouvements interessants.

C'est malheureusement à peu près tout pour les vrais nouveautés, car il faut être honnête, pour tout le reste, on est en terrain connu. Les combats se règlent toujours de la même manière, bien que la modernité des armes à feu amènent quelques possibilités de combo amusantes. Globalement, on peut toujours autant bouriner... je pense même qu'on est en face de l'épisode le moins punitif. La topographie de Londre est structurellement assez proche du Paris de Unity : des gros monuments dispersés dans une ville tout en hauteur, avec des toits collés de façon à former des chemins. Personnellement, je trouve que cette Londre n'a par contre pas le charme de Paris ou Rome. J'imagine que cela vient du fait que l'époque est assez proche de nos jours, on a moins l'impression d'une visite touristique d'un lieu qu'on connait, mais version passée. Le résultat est réussi, c'est clair, mais même Big Ben ou la Tour de Londre ne m'ont pas fait le même effet que Notre Dame ou le Colysée lors de ma première escalade. Rien d'aussi triste que le Boston du 3eme opus, rassurez vous. Seule la Tamise sort vraiment du lot, avec son trafic intensif de bateaux à vapeurs qu'on traverse sans emprunter les ponts juste pour le plaisir. De même, le jeu est toujours autant farci d'objectifs facultatifs plus ou moins interessants. On retrouve donc les très pénibles objects à collecter disséminés dans la ville (avec toutefois un peu plus de logique que les maudites plumes du 2), mais aussi des évenements un peu plus dynamiques tels que des braquages ou protections de carioles, de trains ou de bateaux. Les séquences de libérations de quartier sont elles aussi toujours présentes, mais très nettement améliorées. Chaque quartier est composé de zones qu'il faut libérer petit à petit en effectuant des missions un peu plus variées que la systématique conquête de tour, en finissant par une bataille de gang. Ce processus de libération s'incruste d'ailleurs beaucoup mieux au déroulé de l'histoire, les missions "scenario" incitant à mettre un pied dans les quartier progressivement. On rencontre aussi régulièrement des personnages historiques (plus ou moins crédibles en fonction des cas), tels que Darwin, Bell, ou Dickens. Ceux-ci amènent aussi leur lot de missions, qui essayent d'être variées mais ne fonctionnent pas toujours très bien. Les missions d'enquêtes, par exemple, sont si "drivées" qu'elles en deviennent simpliste. Dommage.

Je ne m'eterniserais pas sur le scenario, relativement classique pour un Asassin's creed : il y'a un méchant templier qui brigue un fragment d'eden et qui contrôle la ville, l'un des jumeaux est concentré sur la libération, l'autre sur la recherche du fragment. Ah oui, et il y'a toujours le croisé avec le présent, toujours aussi dispensable. Standard.

Les mauvais points, car il y'en a : effet de bord de l'apparition du grapin, la topographie de la ville, et la profusion de carioles... On utilise quasiment plus le parkour. Pas la moindre séquence un peu plateforme ni course poursuite un peu aérienne. C'est étonnant, c'était un peu la signature d'Assassin's Creed, et j'avoue que ça manque un peu. Il y'a aussi un vrai manque de variété dans les ennemis, tant dans leur apparence que dans leur type. Enfin, et c'est probablement le plus génant, l'IA est toujours autant aux fraises, mais c'est encore plus génant dans cet épisode. Pourquoi ? Car on a des gangs, mais aussi des flics ou des gardes royaux. C'est très curieux de voir le manque de réaction de la police, parfois, ou avec quelle facilité on les seme (on monte sur un toit et ils nous oublient). Cela vaut aussi pour les passants, jamais assez choqués par une série de 10 meurtres dans leurs yeux pour aller chercher les agents de polices 50 metres plus loin, eux même trop myopes pour voir ce qui se passe.

Quoiqu'il en soit, cet AC6 se joue avec plaisir, et se termine pile au moment de devenir trop répétitif. Je recommande donc, tout en me demandant où/quand ce situera le prochain, car à l'évidence, la série n'est pas finie. Aller... 1ere guerre mondiale ?

P.S : merci Dr Baz de m'avoir signalé mon enorme bourde :)